Toute la journée suivante, Marc erra dans Paris. Se moquant des averses de pluie, il marcha le long des quais, sans but, sans projet, l’esprit saturé de pensées morbides. La mort de Baptiste le hantait, inévitablement, la sienne aussi. Serait-il sauvagement assassiné ou allait-il se jeter sous un RER à la station des Halles ? Peu lui importait. Qu’il ne réchappe pas à cette histoire, c’était une évidence. Volontairement, il n’avait pas emporté sans portable. Il s’avait que Martin le rappellerait, que peut-être un agent se présenterait à sa porte, ou, mieux encore, que l’on procède à la fouille de son studio. Il avait néanmoins pris soin de confier son ordinateur, son portable, son revolver et ses deux boîtes de cartouches à Karl. Sans poser une seule question, le bistrotier avait glissé le sac de sport sous son comptoir. Il étouffa un rire nerveux devant un vigile. Il passait devant le trente-six du Quai des Orfèvres. Il s’imaginait que l’on s’agitait dans les bureaux des derniers étages, des policiers le recherchaient, lui laissaient des messages, s’interrogeaient sur sa possible culpabilité, qui sait … c’était une affaire rentable le Rosaire de Montmartre. Et lui marchait tranquillement sous leurs fenêtres, étranger volontaire à toute cette agitation.
[ © O.G. | 11/2004 | Download blognoir.pdf






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