Marc demeura cloîtré toute l’après-midi. Après avoir pris une douche bouillante et vider sa boîte de café soluble il s’était installé à son bureau. Il avait surfé un peu, consulté d’autres blogs sans idée précise de ce qu’il y cherchait ou allait pouvoir y trouver. Sur les sites d’information, on évoquait encore le meurtre de Baptiste Pré, mais sans plus. Il considéra les carnets à spirale négligemment empilés. L’assassin de son oncle y était peut-être. Il les reprit un à un, et à l’aide d’un feutre souligna les signalements à exclure : les femmes, les vieillards, les touristes et les bonnes sœurs. Il ouvrit un programme de gestion de fichiers et encoda les hommes seuls, les couples et même les curés. Pour commencer, il enregistra ses carnets les plus récents qui coïncidaient avec la création de son blog. Sur le mois écoulé, cela représentait déjà plus de cent quidams, dont en définitive il ne savait quasiment rien. Il n’avait filé personne ces dernières semaines et se contentait le plus souvent de descriptions sommaires, de plus en plus convaincu de l’inutilité de son travail. Il allait s’attaquer au carnet du mois de septembre lorsque son portable vibra. Le numéro qui apparaissait était absent de son répertoire, et ne lui disait rien. Il ne prit pas l’appel et attendit le signal du message pour le consulter. C’était la voix d’une femme, assez jeune encore. M. Pré, ici l’inspecteur Martin de la Police Judiciaire. J’enquête sur le crime du Rosaire de Montmartre. Nous avons trouvé vos coordonnées dans les dossiers de votre oncle, Baptiste Pré … Mes sincères condoléances … J’aimerais pouvoir vous posez quelques questions, simple routine. Pouvez-vous me rappelez aujourd’hui encore ? Merci M. Pré.
[ © O.G. | 11/2004 | Download blognoir.pdf

Commentaires