Un taxi l’amena de son hôtel au Club. Avant de partir elle avait passé une heure devant la télévision de sa chambre à zapper sur des chaînes européennes et internationales. Finalement elle s’était fixée sur un reportage de la BBC consacré aux nouveaux animaux de compagnie, les « nac », avant de regarder la rediffusion du journal du soir sur la télévision francophone publique. Le journal ouvrait sur un fait divers. La tête d’un homme d’une cinquantaine d’années venait d’être découverte dans une chambre de l’hôtel Métropole, un palace du siècle dernier. D’après une source proche de l’enquête le mot atomium aurait été tatoué sur le front de la victime en caractères de sang.
L’attente à l’entrée du club dura moins d’un quart d’heure. L’heure était à l’affluence et les physionomistes, deux cerbères inquiétants, ne chômaient pas. Passée ce contrôle et la caisse attenante, Barbara se faufila vers le premier bar. C’était une sorte de cube écarlate au milieu duquel s’agitait un jeune serveur tout de noir vêtu. Son bras gauche arborait un tatouage tribal à la signification incertaine. Très vite il remarqua sa nouvelle cliente et lui servit un mélange de whisky, de coca et de glaçons mastoc.
Deux écrans de télévision diffusaient des clips en sourdine. Un homme, la trentaine avachie, s’accouda au bar. Il voulu offrir un autre verre à Barbara. Il s’étonna de ne pas encore l’avoir vue, lui demanda si elle venait souvent, ce qu’elle faisait dans la vie, la complimenta sur sa blouse et se décida à l’inviter à danser. Le regard que sa voisine daigna finalement lui accorder le dissuada de poursuivre plus loin son monologue.
Une heure moins dix, elle se fraya à nouveau un passage pour atteindre cette fois le bar du milieu. Adossé à un mur, il devait être quatre à cinq fois plus grand que le cube. Derrière un zinc en arc de cercle, s’agitaient en tous sens plusieurs jeunes filles aux tenues suggestives. Barbara trouva une place à une de ses extrémités. De là, elle pouvait observer les clients du bar ainsi qu’une partie de la piste de danse.
Un frisson la parcourut. A l’autre extrémité du bar, se tenait, le sourire aux lèvres, Lohann Le Guennec.
[ © O.G. | 11/2004 | Download blognoir.pdf








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