Barbara bondit dans le salon et questionna fébrilement son blog et ses messageries. Aucun message. RAS. Cette nouvelle journée venait de délivrer un premier corps. Selon la moyenne établie sur ces dernières vingt-quatre heures, un second devrait suivre …
Tout s’emballa. Plutôt que le bain, elle choisit une douche. Sur le petit balcon de service qui donnait à l’arrière de l’immeuble, elle saisit une petite souris blanche dans une cagette grillagée et la déposa aux côtés de Robert, son serpent corail. Pas de course, pas de poursuite, la petite boule blanche se retrouva coincée aux milieux des crocs de Bob.
Par réflexe elle alluma son téléviseur et sélectionna une chaîne d’information en continu. Un court sujet de soixante-quinze secondes faisait écho à l’horrible découverte de la veille dans les escaliers de la Tour Eiffel. On ne donnait pas plus de précision quant à l’identité de la victime ou aux supputations des forces de police.
Dans son dressing, elle choisit des vêtements pour quarante-huit heures. Un flacon d’extrait de parfum, une brosse à dent et un tube de dentifrice, un peigne et un pot de crème s’entassèrent dans une petite trousse de voyage qui trouva sa place entre strings, blouses, pantalons et escarpins dans un bagage à roulettes.
Pour voyager elle avait opté pour un pantalon de lin blanc, une paire de tongs en cuir fauve et un chemisier sable. Par provocation, ou coquetterie, elle ne portait aucun sous-vêtement.
Elle colla un post-it sur le miroir, au-dessus d’un large vide-poche en bois tropical, dans l’entrée.
Assomption. Je suis absente pour deux jours. Prompt rétablissement. Barbara.
Revenue au salon, elle but une tasse de café et composa plusieurs numéros. Lohann ne répondait pas. Flagnar ne devait pas encore être arrivé au Quai. Van Cloedt venait seulement de recevoir les restes de Jim. Prise par la frénésie des appels à répétition elle chercha le numéro de Louis Marin. Il ne figurait pas dans l’annuaire. Après une recherche via le serveur de la PJ, elle trouva le numéro du retraité. Plusieurs sonneries dans le vide martelèrent le temps avant qu’une voix synthétique féminine signala que l’abonné était injoignable. Barbara ignora le répondeur.
Elle se décida alors à poster une nouvelle note dans son blog.
Sophie va grandir. Sophie a décidé de devenir le seul acteur de sa vie et de se battre pour de justes causes. Pour en finir avec ses malheurs, Sophie vous attend sur son nouveau blog : le BLOG NOIR.
[ © O.G. | 11/2004 |Download blognoir.pdf ]
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