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15 novembre 2004

Petite note entre amis ...

Petrucciani Un bon son, pour une bonne inspiration de l'auteur et de son héroïne. Voici donc le pianiste Michel et Lee, le saxo alto, pour une rencontre parisienne au Centre Musical Bosendorfer à leurs "débuts publics", en 1982. Un essentiel ou, en terme radiophonique, un "powerplay".

Chapitre XVI - IV

Un contretemps fâcheux m’oblige à annuler notre rendez-vous de ce soir. Néanmoins, je vous propose de le reporter à demain, même lieu, à douze heures trente. Pour me faire pardonner, je me permettrai de vous faire déposer quelques spécimens de timbres rares à la réception de l’hôtel que vous m’aurez désigné. Vous pourrez ainsi, vous faire une idée de ce dont je dispose. Avec mille excuses et mes meilleurs sentiments,

Atomium.

A nouveau un sourire. Cet imprévu n’avait rien de naturel.

Cher Atomium,

Merci pour votre message. Reportons donc notre rendez-vous, comme proposé. Je descends à l’hôtel Amigo. Vous pourrez y déposer vos timbres en toute sécurité.

Au plaisir de vous rencontrer, cordialement.

Viviane

Heureusement que Barbara avait songé à s’inscrire sous le pseudo de Viviane Bompart. Pas un mot à propos des colis livrés ce matin au Quai. Atomium et le Serial Blogeur pourraient être une seule et même personne. Depuis l’avènement des trains à grande vitesse, Bruxelles est finalement à peine plus éloignée de Paris que Lille.

I Hear A Rhapsody, le premier titre de l’album Too Sweet, du français Petrucciani associé à Lee Konitz, coulait en elle. Cet iPod était vraiment le lecteur qui lui fallait pour s’isoler dans la réflexion, sur ses morceaux préférés. Elle créa son nouveau blog en quelques clics, la mise en page, les titres et sous-titres, une carte de visite aussi succincte qu’énigmatique et une photo de son serpent corail, Robert. Tout était prêt, restait à rédiger une première note et rendre sa page publique.

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Smooth Jazz for happy days

Midnight_groove J'aurais pu aussi titrer "moment of jazz". Souvent j'écoute Smooth Jazz sur le web, une radio de la côte ouest des Etats-Unis. Elle a inspiré, parmi beaucoup d'autres, cette  compilation "Midnight Groove: The Art Of Smooth Jazz" sur laquelle sont réunis 14 artistes, dont : Ricky Peterson, Earl Klugh, Marion Meadows, Craig Chaquico, Tuck & Patti ou Peter White. Je les ai réécoutés ce midi, parfaits compagnons de travail !

Paper less

Au courrier de ce matin, entres autres, un rappel de paiement de mon fournisseur d'accès à internet. Oh, trois fois rien ... rassurons-nous. Ce qui est moins rassurant c'est la débauche de moyens utilisés par ledit fournisseur pour me signaler mon retard : deux mails, un courrier et même un second joint à la facture suivante (!) Tant de papiers et d'énergies dépensées, est-ce cela la net économie ... ?

Chapitre XVI - III

Amigo_1 Samedi seize août, elle n’en saurait certainement pas beaucoup plus d’ici ce soir. La ville, le pays, tournaient au ralenti, profitants de ce long week-end.

Elle s’affala dans le canapé et à nouveau songea à la Normandie, à sa jument aussi. Depuis sa chute dans un champ détrempé, elle n’était pas remontée sur un cheval. Namure de la Botia avait du être euthanasiée pour lui éviter les souffrances de ses membres brisés. Cela avait été un déchirement que d’accepter l’avis du vétérinaire. Mais aujourd’hui, l’envie de galoper au vent, la tête à deux mètres cinquante du sol, était bien revenue. Le cheval, c’est un peu comme le vélo, cela ne s’oublie pas. Ni les courbatures d’après la monte.

Elle bu un nouveau café et reprit place devant son écran. Elle paya deux, trois factures en ligne, téléphone, électricité et l’assurance de son scooter. Elle avait en horreur les prélèvements automatiques aux dates fluctuantes. Une discussion houleuse à ce sujet avec sa banquière l’avait fait changer d’officine. Elle n’y gagna pas grand chose, si ce n’est d’avoir un nouvel interlocuteur, masculin cette fois.

Elle se décida aussi à choisir son hôtel à Bruxelles. Tant qu’à faire, se dit-elle, faisons-le bien. Elle se connecta au site The Leading Hotels Of The World, une espèce de Club qui recense les palaces à travers le monde. Elle choisit le Rocco Forte Hotel Amigo, un cinq étoiles situé à deux pas de la Grand Place, le cœur historique de Bruxelles. A défaut d’une chambre individuelle libre, elle s’offrit une « petite » suite et  composa les seize chiffres d’identification de sa carte de crédit.

Peu avant midi, alors que Barbara poursuivait sa découverte virtuelle de la capitale belge, elle reçut un nouveau message d’atomium.

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14 novembre 2004

Chapitre XVI - II

Point Barbara ne porta aucun intérêt au message, juste au mot de clôture : fidèlement. Connaissait-elle ce Serial Blogeur ? Etait-il caché derrière un ou une habitués des commentaires de ses notes ?

Elle venait de passer une heure devant son écran à chercher des réponses à ses questions quand le téléphone sonna. C’était Flagnar.

-       J’espère que tu as des infos pour moi Laurent !

-      Chef, on a du reconduire le pauvre René chez  lui … quelle horreur !! … Bref j’ai déjà quelques infos  pour vous … Le portable que nous avons retrouvé chez Blanchart est bien à lui, il l’a acheté avec sa carte de crédit sur un site de vente en ligne, il y a deux ans. Du côté de son fournisseur d’accès rien à signaler. Les factures étaient payées par prélèvement en temps et en heure. J’ai appelé le notaire qui gère sa succession, il m’a confirmé qu’il n’avait plus de famille connue à ce jour et que son héritage, déduction faite de la part de l’état, devait être attribué selon ses volontés à une association Loi 1901 pour la défense des produits alimentaires bios. Je vais me renseigner sur la composition de cette asso’ 

-       C’est tout ?

-      Et  bien ouai … Je voulais voir Marin pour lui parler de ses visites assidues à Trousseau et pour l’entretien de l’appart et bien le vieux s’est envolé …

-        Tiens donc … et pour Colbert ?

-       Rien pour le moment chef, pas eu beaucoup le temps …

-      C’est bon Laurent … je prends le train cette après-midi pour Bruxelles. Appelez moi à dix-huit heures !

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Paul, George et Vladimir

Paul Ce qui est agaçant lorsque vous avez un abonnement à un quotidien national, c'est de devoir lire l'édition du samedi ... le lundi. Le lundi doit être le jour de la "réchauffe" des restes du week-end. Ce qui est par contre très plaisant c'est de dévcouvrir une des dernières livraisons de Paul Auster : "Constat d'Accident". Malgré le fait qu'il soit considéré comme le plus français des écrivains américains, il n'a rien d'austère (c'était assez tentant ...)  Paul Auster, c'est l'homme des utopies, de la confiance en l'humanité et de le réticence face à la politique de ce président qui doit être devenu, de fait, le premier sujet des blogs.

A ce sujet - autorisez-moi cette disgression - c'est assez amusant de savoir que le président "de tous les états  d'amérique" porte le nom d'une  bière belge d'abbaye bien plus ancienne que le clan en question (écrivez "bush" mais prononcez "buche") et que son homologue de "toutes les russies" s'apparente à un plat typique québecois, la poutine. Bon appétit !

Chapitre XVI - I

Un bref message confirma l’envoi du commentaire. Il pouvait passer à autre chose maintenant, se concentrer en particulier  sur son séjour hors de Paris.

Il avait acheté une serviette souple chez un maroquinier des Champs-Elysées. Ses pinces, sa bobine de câble et divers autres petits outils y avaient tout de suite trouvés leur place.

Il déconnecta son ordinateur portable et la glissa dans sa housse de transport. Un sac de voyage sombre complétait ses bagages. Il lui restait à y glisser une pochette contenant, alignées côte à côte, des lames de tailles diverses destinées à couper et trancher.

Dans un sac poubelle de la ville, il fourra deux, trois canettes de Coca, une boîte à pizza pronto vide, et les restes de multiples feuilles et photos passés au broyeur. La pièce était vide.

Sur une des tables, il posa une grande écuelle en métal. Il y jeta plusieurs paires de gants chirurgicaux tâchés de sang, du papier absorbant usagé, le cœur d’une bobine de large scotch brun ainsi qu’un passeport américain. Le tout s’enflamma brutalement lorsque l’allumette flirta avec l’alcool versé dans  le récipient. Les exhalaisons de trois bâtonnets d’encens, plantés dans un socle galbé de bois indien, supplantaient l’odeur âcre de la combustion.

Il boutonna la veste de son costume couleur souris, réajusta sa cravate lilas et glissa dans sa poche intérieure un plan de Bruxelles.

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13 novembre 2004

Ubiquité

Fentre_8 DVD ce soir, une fois n'est pa coutume. Une adaptation d'un roman de Stephen King : "Fenêtre Secrète". De toutes les transpositions déjà vues, c'est sans doute la plus aboutie. Depp est convaincant. Néanmoins, le genre se renouvelle peu. Le dédoublement de personnalité était déjà au coeur de "La Part des Ténèbres".

Ceci écrit, il serait amusant que Barbara se frotte à ce concept de dédoublement, non ... ??

Chapitre XV - II

Souris Barbara bondit dans le salon et questionna fébrilement son blog et ses messageries. Aucun message. RAS. Cette nouvelle journée venait de délivrer un premier corps. Selon la moyenne  établie sur ces dernières vingt-quatre heures, un second devrait suivre …

Tout s’emballa. Plutôt que le bain, elle choisit une douche. Sur le petit balcon de service qui donnait à l’arrière de  l’immeuble, elle saisit une petite souris blanche dans une cagette grillagée et la déposa aux côtés de Robert, son serpent corail. Pas de course, pas de poursuite, la petite boule blanche se retrouva coincée aux milieux des crocs de Bob.

Par réflexe elle alluma son téléviseur et sélectionna une chaîne d’information en continu. Un court sujet de soixante-quinze secondes faisait écho à l’horrible découverte de la veille dans les escaliers de la Tour Eiffel. On ne donnait pas plus de précision quant à l’identité de la victime ou aux supputations des forces de police.

Dans son dressing, elle choisit des vêtements pour quarante-huit heures. Un flacon d’extrait de parfum, une brosse à dent et un tube de dentifrice, un peigne et un pot de crème s’entassèrent dans une petite trousse de voyage qui trouva sa place entre strings, blouses, pantalons et escarpins dans un bagage à roulettes.

Pour voyager elle avait opté pour un pantalon de lin blanc, une paire de tongs en cuir fauve et un chemisier sable. Par provocation, ou coquetterie, elle ne portait aucun sous-vêtement.

Elle colla un post-it sur le miroir, au-dessus d’un large vide-poche en bois tropical, dans l’entrée.

Assomption. Je suis absente pour deux jours. Prompt rétablissement. Barbara.

Revenue au salon, elle but une tasse de café et composa plusieurs numéros. Lohann ne répondait pas. Flagnar ne devait pas encore être arrivé au Quai. Van Cloedt venait seulement de recevoir les restes de Jim. Prise par la frénésie des appels à répétition elle chercha le numéro de Louis Marin. Il ne figurait pas dans l’annuaire. Après une recherche via le serveur de la PJ, elle trouva le numéro du retraité. Plusieurs sonneries dans le vide martelèrent le temps avant qu’une voix synthétique féminine signala que l’abonné était injoignable. Barbara ignora le répondeur.

Elle se décida alors à poster une nouvelle note dans son blog.

Sophie va grandir. Sophie a décidé de devenir le seul acteur de sa vie et de se battre pour de justes causes. Pour en finir avec ses malheurs, Sophie vous attend sur son nouveau blog : le BLOG NOIR.

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décembre 2004

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